Le déclin des enchères pour les visas H-1B aux États-Unis

Fait notable, les demandes de visas de travail pour les diplômés de l'enseignement supérieur aux États-Unis ont enregistré une forte baisse de près de 40% cette année. Cette baisse, annoncée par les autorités, marque une étape importante vers la lutte contre les pratiques frauduleuses et les abus au sein du système.

Loterie actuelle

Les grandes entreprises technologiques dépendantes des visas H-1B ont été les fers de lance de la réforme après avoir constaté une forte augmentation des candidatures, réduisant les chances de leurs employés actuels et potentiels d'obtenir un visa par tirage au sort. Conscients de la prévalence des fraudes et des abus, les services de citoyenneté et d'immigration des États-Unis (USCIS) ont introduit des réformes cette année, limitant chaque personne à une seule participation à la loterie, quel que soit le nombre d'offres d'emploi reçues.

Les statistiques révèlent une baisse spectaculaire de la participation à la loterie : 470 342 candidatures ont été reçues cette année, contre 758 994 l’année précédente. Le nombre de candidats est resté relativement stable, ce qui indique une baisse significative des candidatures multiples.

Un bref aperçu

L'augmentation des candidatures entre 2021 et 2023 a été attribuée à la suppression de l'obligation de soumettre des documents volumineux pour être admissible à la loterie. Un simple droit d'inscription électronique a suffi, rendant la participation plus accessible. Cependant, cette situation a involontairement ouvert la voie à des entreprises et des particuliers qui ont inondé l'agence de candidatures. L'USCIS a signalé des cas de personnes ayant postulé à de nombreuses offres d'emploi, dont une personne ayant postulé à 83 postes en 2022.

La baisse des demandes cette année reflète une diminution des tentatives d'exploitation du système à des fins d'avantages déloyaux, selon l'USCIS. Le programme de visa H-1B, créé en 1990, vise à pourvoir des postes dans des domaines exigeant des compétences spécialisées, notamment en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM). Cependant, ses détracteurs affirment qu'il permet aux entreprises d'offrir des salaires plus bas et une protection sociale moindre.

Infosys, une entreprise indienne d'externalisation technologique, est devenue le premier employeur de titulaires de visas H-1B en 2023, suivie par des acteurs technologiques de premier plan comme Amazon, Microsoft, Apple, Meta et Google. Parallèlement, les diplômés américains, éligibles à un visa de formation pratique facultative pendant trois ans tout en poursuivant leurs études pour un visa H-1B, se sont retrouvés désavantagés par rapport à de nombreux autres candidats, ce qui a incité certains d'entre eux à chercher des opportunités à l'étranger.

Le directeur de l'USCIS, Ur Jaddou, a souligné l'urgence de réformer la loterie afin d'en garantir l'équité et l'efficacité, citant des cas de collusion entre entreprises qui soumettaient des offres pour les mêmes candidats. De nombreuses entreprises technologiques, dont Intel Corp., ont plaidé en faveur de changements immédiats, invoquant une baisse de leurs taux de réussite et des obstacles à l'expansion de leurs activités nationales.

Aller de l'avant

Si les modifications apportées à la loterie de cette année ont été accueillies avec une certaine approbation, des critiques comme l'AFL-CIO estiment qu'elles ne constituent pas les réformes globales nécessaires. Des voix persistent pour que les visas soient attribués en fonction du niveau de salaire plutôt que par tirage au sort, une proposition défendue auparavant par l'ancien président Donald Trump.

La baisse des demandes de visa H-1B marque une étape importante dans la quête d'équité et de transparence du système d'immigration américain. Cependant, elle souligne également la nécessité d'un contrôle et d'une réforme continus afin de remédier aux lacunes systémiques et de garantir une répartition équitable des opportunités.